Stéphane Le Diraison, 8eme de la Route du Rhum en IMOCA

Ce lundi 19 novembre à 16h 30′ 20 » (heure de métropole), Stéphane Le Diraison a coupé à Pointe-à-Pitre, la ligne d’arrivée de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, après 15 jours, 2 heures, 30 minutes et 20 secondes de course. Pour sa deuxième participation à l’épreuve, et la première en IMOCA, Stéphane s’est emparé d’une très jolie 8ème place, après une impressionnante « remontada » sur Alan Roura et un duel autour de l’île qui s’est terminé à la faveur du skipper suisse. Stéphane peut être fier de sa course, lui qui s’était fixé à Saint-Malo l’objectif de finir dans les dix premiers à bord de Time For Oceans, un plan Finot-Conq mis à l’eau en 2008.

© Photo Alexis Courcoux

 

Premiers mots de Stéphane Le Diraison à son arrivée en Guadeloupe.

« Cette arrivée autour de la Guadeloupe sera un de mes meilleurs moments en course, car j’étais un peu vexé de l’option que j’avais prise il y a 2-3 jours en plongeant au sud, ce qui m’a coûté extrêmement cher. Donc j’avais vraiment envie de me dépasser sur la fin, de revenir dans le match, même si ça paraissait complètement improbable. Mais j’y ai cru, j’ai tout fait, j’avais l’inspiration, la vitesse, je tirais les bons bords, j’étais énervé… Puis il y a eu le tour de l’île, c’était mythique jusqu’au bout parce qu’on s’est croisé un certain nombre de fois avec Alan, un coup c’était lui, un coup c’était moi qui était devant, on ne lâchait rien. Puis au moment où je le contrôlais, le vent refuse, j’attends qu’il vire et mon pilote fait un raté complet… Je pars en marche arrière, la bastaque s’emmêle dans la bôme, un vrac pas possible…, du coup j’ai dû empanner et Alan est repassé devant ! C’est le jeu et c’est mérité pour Alan car j’étais un peu gêné de lui avoir fait ce coup là. Après tout il récupère sa place, il y a une logique… »

Une belle huitième place…

« Oui elle est belle, parce que j’ai tout donné, je suis à bout de forces, donc il fallait pas qu’il y ait un virement de plus. Ce qui est beau dans cette course, c’est que c’est extrêmement difficile. Dès le début on part avec la pression à Saint-Malo, on subit la succession des dépressions, des transitions et puis vient l’alizé, on a l’impression qu’il fait beau, qu’il fait chaud, mais c’est de la barbarie comme on tire sur ces bateaux. On vit sur la brèche, le bateau est toujours à la limite, donc c’est éprouvant nerveusement, exigeant physiquement. Avec Damien et Alan ça été une vraie course, c’était génial, c’est vraiment ça qui motive pour venir sur une course comme la Route du Rhum ».

« J’aimerais être dans le coup face aux bateaux de la même génération que le mien et terminer dans le Top 3 des IMOCA à dérives droites. » Ainsi parlait Stéphane Le Diraison à la veille du départ de la Route du Rhum, donné le 4 novembre dernier à Saint-Malo. Mission accomplie pour le skipper de Time For Oceans qui a décroché ce jour la 8e place à Pointe-à-Pitre et terminé derrière deux autres non foilers : SMA de Paul Meilhat et Groupe Apicil de Damien Seguin arrivé dns la nuit.

Boucler le parcours, une première satisfaction

Cette 11e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe a malmené les marins et leurs machines et la classe IMOCA n’a pas été épargnée. Sur les vingt solitaires au départ, cinq ont à ce jour été contraints à l’abandon et quatre autres ont dû s’arrêter pour résoudre des soucis techniques, avant de repartir. Ainsi, seulement onze marins, dont Stéphane Le Diraison, ont tracé leur route sans escale dans cette catégorie. Boucler une épreuve comme la Route du Rhum sur un bateau aussi complexe qu’un IMOCA n’est pas anodin et, au-delà du résultat sportif, Stéphane peut avoir le sentiment du travail bien fait. D’autant que terminer les courses est primordial, avec l’enjeu de la qualification pour le Vendée Globe 2020.

Refaire le coup de 2014 !

Avant de s’élancer de Saint-Malo, Stéphane Le Diraison avait une course de référence, la Route du Rhum 2014 disputée dans la catégorie des Class40. Avec un bateau d’ancienne génération, Stéphane était parvenu grâce à un état d’esprit combatif et des choix inspirés à décrocher en Guadeloupe une très jolie 4e place, sur 43 concurrents au départ. « L’histoire a des similitudes », disait-il avant de partir pour sa première participation en IMOCA. « Je ressens cette énergie positive qui m’avait portée en 2014. Je vais partir sans complexe, je connais bien mon bateau et le parcours. Je vais jouer crânement ma chance, j’aime ce rôle de parfait outsider ! »

Une course complète et complexe

L’entrée en matière a été copieuse et sélective, la flotte a essuyé plusieurs dépressions très violentes qui invitaient à la plus grande prudence, quitte à mettre de côté la performance. Stéphane Le Diraison est sorti du gros temps en 6e position. S’est alors engagée une deuxième phase, plus stratégique, avec le contournement par l’Est de l’anticyclone des Açores, déjà marquée par un match serré avec Damien Seguin et Alan Roura.

Loin d’être une simple récompense, la navigation dans les alizés a été complexe car émaillée de grains très violents. Toujours dans le match pour la 6e place, Stéphane Le Diraison a été pénalisé par la perte de son grand gennaker, survenue en début de course, lors du passage de la deuxième grosse dépression. C’est donc avec une garde robe incomplète que le skipper de Time For Oceans a progressé dans les alizés. Moins rapide que ses deux camarades à conditions équivalentes, il a tenté une option au Sud qui s’est révélée infructueuse. Il a recroisé en 8e position, derrière Damien Seguin et Alan Roura.

Il y a deux jours, Stéphane accusait plus de 80 milles de retard sur Alan. Remonté comme une pendule, il est parti à l’attaque pour revenir sur le marin suisse. Le come-back a été impressionnant et c’est autour de la Guadeloupe que le duel s’est terminé, bord-à-bord. Stéphane Le Diraison a jeté ses dernières forces dans la bataille pour finalement laisser La Fabrique devant, un bateau équipé de foils.

© Photo Alexis Courcoux