Match dans le match

Pour Stéphane Le Diraison, la vie à bord s’est clairement améliorée après un début de Route du Rhum « sauvage ». Il se rapproche de la latitude des Canaries, bientôt il pourra profiter de belles glissades au portant dans les alizés tant attendus. Ce samedi, après six jours de course, Stéphane est en plein contournement par l’Est de l’anticyclone des Açores et pointe toujours à une belle 6e place. Si les quatre premiers concurrents (Alex Thomson, Paul Meilhat, Vincent Riou et Yann Eliès) s’échappent inexorablement, le skipper de Time For Oceans mène un joli groupe composé d’Alan Roura, Damien Seguin et un peu plus en retrait Arnaud Boissières. Il reste 2500 milles à parcourir pour rallier Pointe-à-Pitre et ces quatre marins ne sont pas prêts de se lâcher !

Avec son IMOCA mis à l’eau il y a dix ans, Stéphane Le Diraison savait qu’il ne pourrait pas rivaliser avec les bateaux les plus récents, plus performants et tous menés par d’excellents marins. Mais il comptait bien s’accrocher un maximum et se battre avec ses armes pour rivaliser avec les machines de la même génération que la sienne. C’est exactement le scénario en cours. Avec des IMOCA lancé entre 2011 et 2015, Alex Thomson, Paul Meilhat, Vincent Riou et Yann Eliès bataillent déjà dans les alizés pour la victoire finale. Egalement sur une monture de 2015 à foils, Boris Herrmann tente une option extrême à l’Ouest. Derrière, on trouve donc ce quatuor avec Stéphane Le Diraison, Alan Roura, Damien Seguin et, un peu distancé, Arnaud Boissières.

« Ceux qui ont franchi le mauvais temps peuvent disputer la deuxième régate » 
Une fois passé le plus gros du vent fort et de la mer chaotique qui ont marqué le début de cette Route du Rhum, Stéphane Le Diraison a partagé un extrait de son journal de bord : « Les météorologues avant le départ nous promettaient de rencontrer trois fronts (épisodes pluvieux et ventés) successifs. Les prévisions étaient fidèles à la réalité… Plusieurs bateaux ont fait les frais de ces conditions dantesques. Toutes mes pensées vont aux concurrents qui ont été contraints à l’abandon ou à l’escale technique. Je pense particulièrement à Isabelle (Joschke) victime d’un démâtage. J’ai navigué prudemment en privilégiant systématiquement la sécurité. Désormais, ceux qui ont franchi le mauvais temps peuvent disputer la deuxième régate : moins ventée, plus ensoleillée, elle nous mènera en Guadeloupe mais promet d’être difficile. » 

Extrait de la vacation radio, ce samedi 10 novembre :

Stéphane Le Diraison : « C’est une journée de longue transition, l’alizé n’est pas reconstitué donc il faut aller plus au sud. Cette dorsale a tendance à se déplacer vers le sud. Il va falloir encore 24 heures pour avoir un vrai alizé. C’est un peu la guerre des nerfs avec les mecs autour ! Mais la mer est plate, il fait beau et ça permet de tout vérifier. On a l’impression qu’il y a eu deux manches dans cette course. La première, avec du gros temps, obligeait à faire le dos rond. La seconde a débuté à Madère et ressemble à une course d’alizé, avec plus de vitesse et plus de stratégie. Avec Damien (Seguin) et Alan (Roura), on est au coude-à-coude, ça stimule pour aller plus vite. Le match est vraiment sympa ! »

« C’est une journée de longue transition, l’alizé n’est pas reconstitué donc il faut aller plus au sud. Cette dorsale a tendance à se déplacer vers le sud. Il va falloir encore 24 heures pour avoir un vrai alizé. C’est un peu la guerre des nerfs avec les mecs autour ! Mais la mer est plate, il fait beau et ça permet de tout vérifier. On a l’impression qu’il y a eu deux manches dans cette course. La première, avec du gros temps, obligeait à faire le dos rond. La seconde a débuté à Madère et ressemble à une course d’alizé, avec plus de vitesse et plus de stratégie. Avec Damien (Seguin) et Alan (Roura), on est au coude-à-coude, ça stimule pour aller plus vite. Le match est vraiment sympa ! »

Contourner l’anticyclone avant une bataille d’empannages dans les alizés

L’enjeu actuel pour Stéphane Le Diraison est de passer au Sud de la dorsale anticyclonique qui barre la route pour ensuite faire route dans les alizés. Si ces vents portants sont souvent comparés à une « autoroute », la réalité s’avère plus complexe. Le vent n’est pas forcément stable en force comme en direction et il faut se méfier des grains pouvant entraîner de fâcheuses sorties de route. Par ailleurs, la trajectoire qui mène en Guadeloupe ne sera pas rectiligne car Stéphane et ses concurrents navigueront plein vent arrière dans les alizés. Des empannages seront donc à prévoir et il faudra les envoyer aux bons moments… Au contact d’Alan Roura et de Damien Seguin, toujours sous la menace d’Arnaud Boissières, Stéphane va livrer un match dans le match stimulant avec en jeu une très belle place d’honneur à Pointe-à-Pitre.